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Prendre davantage de distance

Jacques aime véritablement Gaëlle, mais, ne pouvant la rassurer, il en éprouve un sentiment d’impuissance et une sensation d’épuisement. Sans le savoir, Gaëlle éveille chez lui des impressions de malaise et d’angoisse. Son besoin si intense d’intimité le suffoque et dépasse largement les frontières d’une saine relation. Les femmes qui agissent comme Gaëlle doivent s’obliger à faire marche arrière et à laisser à l’homme un peu d’espace vital. Ce ne sont pas les sentiments d’insécurité qui déroutent les hommes, mais bien la façon dont ils sont exprimés. En suggérant à une femme de faire marche arrière, nous sommes conscients que nous lui demandons ce qui l’effraie le plus, car elle ne se sent rassurée et valorisée que lorsqu’elle « agit ». Pour elle, laisser faire les choses équivaut à se sentir seule et abandonnée. Une femme qui a besoin d’être à ce point proche d’un homme se sent écrasée par l’angoisse si elle prend ses distances ; elle craint alors précisément de perdre ces qualités qui, selon elle, suscitent l’amour. Si elle en fait moins pour lui, lui gardera-t-il son amour? Pour briser ce schéma, il faut affronter l’angoisse qu’engendre l’idée de solitude ; on ne peut l’éviter. De quoi s’agit-il sinon de casser une habitude. Le temps passé loin de l’homme, avec des amies ou même seule, est fondamental ici. Que ressentez-vous lorsque vous n’êtes pas avec lui? Généralement, les premiers sentiments que cela réveille sont semblables à ceux que vous pouvez avoir éprouvés enfant : la solitude et la peur. Mais si vous laissez passer du temps, vous découvrirez rapidement que vous vous sentez mieux, plus forte, plus sûre de vous. Au fur et à mesure que vous apprendrez à grandir et à vous sentir plus à l’aise, sans être nécessairement rassurée sans cesse par l’amour d’un homme, vous comprendrez que, par le passé, ce qui vous paraissait être un don d’amour était simplement une manière détournée d’exprimer des doutes profondément ancrés en vous quant à votre valeur et votre capacité à plaire aux autres. 

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La femme facile 

Geneviève, trente-quatre ans, avait couché avec beaucoup d’hommes depuis des années. Son style de vie lui convenait, mais ses amis la mettaient en garde en lui disant qu’elle était trop « facile ». Geneviève se disait qu’elle était sexuellement libérée et que d’aller au lit avec un homme qu’elle venait de rencontrer, à condition que les « vibrations » soient bonnes, la satisfaisait totalement. Mais Geneviève ne faisait pas cela uniquement pour avoir du plaisir, elle voulait aussi se marier ; elle ne se rendait pas compte que son comportement provoquait des réactions négatives chez ses partenaires et qu’elle avait ainsi peu de chances de parvenir à son but. Geneviève croyait qu’en étant aussi libre et disponible sexuellement elle s’assurerait l’intérêt constant d’un homme. Mais, à un niveau beaucoup plus profond, elle craignait en réalité de ne pas offrir « assez », si elle ne se montrait pas une partenaire facile et accommodante. Sa soif affective et le peu d’estime qu’elle avait pour elle-même la conduisaient à s’engager dans des relations qui, en fin de compte, offraient peu d’intérêt et ne la satisfaisaient pas sentimentalement. En outre, la facilité avec laquelle Geneviève traitait le sexe — tout en y voyant un don d’elle-même — était perçue par les hommes avec lesquels elle couchait de manière différente. Les hommes qui, au départ, étaient attirés par Geneviève à cause de la richesse de ses qualités (elle est séduisante, cultivée et intelligente) et qui auraient pu vouloir construire avec elle une relation d’amour réciproque finissaient malheureusement par avoir pour elle aussi peu de considération qu’elle en avait elle-même. En encourageant des relations sexuelles immédiates, elle détruisait toute possibilité de véritable intimité. Le sexe ne devient presque jamais, comme on peut le souhaiter, le ciment d’une relation. Une femme qui s’offre trop facilement découvrira que cela ne fait qu’inciter un homme à se servir d’elle pour un plaisir fugitif. Les hommes sont rarement attirés par les « rencontres d’une nuit ». Ils forment hâtivement des jugements sur les femmes faciles et apprécient rarement leurs autres qualités ou leur valeur véritable.