La diplomatie des bulles

Si la véritable épopée champenoise commençait avec un moine bénédictin du XVIIe siècle Dom Pierre Pérignon , sa légende a commencé il y a 300 ans avec l’élégante Madame de Pompadour (presque encore aujourd’hui). Madame de Pompadour) était complice de l’équipe. La maîtresse de Louis XV, née le 29 décembre 1721, était en effet modelée sur les petites et belles poitrines, dites les « coupes » de champagne. L’acte fondateur a confirmé que ce siècle était brillant, héroïque et futile. Le règne de Louis XV commence, l’épopée champenoise aussi.

La Pompadour, pourvoyeuse de glamour, réinvente la preuve : “Le seul vin qui rend une femme belle après avoir bu”, murmure-t-elle à l’oreille de son royal amant, et voici son avis ! C’est-à-dire si Champagne est au tribunal. Il la suivit dans tous ses quartiers : c’était son vin préféré et celui de son célèbre disciple Voltaire. Ainsi le champagne sera Voltaire, pétillant et vibrant.

Barbe-Nicole Clicquot a été la première femme à diriger une maison de champagne.
C’est ainsi qu’il a survécu à la révolution, survécu au coup d’État, s’est installé dans l’empire. Le maire d’Epernay, Jean-Rémy Moët, était un ami de Napoléon, qui lui rendit visite à de nombreuses reprises. Le 18 mars 1814, toujours au cœur de la campagne française, il présente à ses hôtes la Légion d’honneur. Quelques jours plus tard, le même Jean-Rémy Moët accueillera le Prince Fédéral à la poursuite de son ami l’Empereur. Il utilise Moët & Chandon pour persuader sa ville d’Epernay de piller.

Barbe-Nicole Clicquot n’a pas eu cette chance. Pendant ce temps, elle ne pouvait pas regarder les vainqueurs saccager sa cave. Les hommes de l’armée du tsar remplissent leurs charrettes de bouteilles. “Aujourd’hui ils boivent, demain ils paient”, murmure-t-elle, et envoie aussitôt la dernière caisse de sa célèbre cuvée Comet 1811 Veuve Clicquot , hors de portée. Ils atteindront Saint-Pétersbourg avant les soldats. Le tsar Alexandre I portera un toast à la “Klikovskaia” pour célébrer le retour de Louis XVIII sur le trône de France.